01.11.2009

TIME

 

 

Time

 

 

                                                PIECE EN 3 ACTES, 18 SCENES

Toutes ressemblances avec des personnages connus ou inconnus seraient fortuites sauf si je vous connais...

TIME Acte 1

 

 

 

 

 

ACTE 1 : SIMPLE HOMME

 

 

 

TIME acte1/scène1

 

Scène 1 (Max et Norbert)    Deux quadras assis au bord d’un terrain de tennis. Un des deux fume une blonde.

 

 

- Max : Tu te souviens, on avait dix ans

On imaginait ce qu’on ferait en l’an

2000…

 

- Norbert : On se voyait vieux, c’est tellement loin.

 

- Max : Je me rappelle, je ne comprenais pas pourquoi les plus de… disons 30 ans pouvaient encore sourire,

 

- Norbert : Si près de la mort ? (sourire)… je me demande…

 

- Max : Quoi ?

 

- Norbert : Non, je me demande si on avait pas raison ?

 

- Max : Comprends pas…

 

- Norbert : Tu te sens vivant toi ?

 

- Max : Pourquoi j’ai l’air d’un zombie ?

 

- Norbert : Je parle pas de ta tronche, c’est un combat désespéré… non je me dis que c’était mieux avant : l’insouciance, les conneries, l’irresponsabilité…

 

- Max : Ah bon t’es responsable aujourd’hui…

 

- Norbert : Oui Monsieur !

 

- Max : Tu vois j’ai pas cette image d’une période idyllique. J’avais pas de tune, fallait passer des examens, mes parents me gonflaient, je savais tout sur tout et j’avais des positions bien arrêtées dans le domaine politique et culturel… Un vrai con et franchement t’étais exactement pareil. Nous étions jeunes et psychorigides…

 

- Norbert : Que tu aies été psychorigide ne fait aucun doute. Pour ma part j’ai été rigide de nombreuses fois mais dans un contexte différent si tu vois ce que je veux dire.

 

- Max : Très fin, bravo, très classe… Quoi qu’il en soit personnellement je suis encore très loin de la rigidité cadavérique… je me sens jeune… que dis-je, je suis jeune !

 

- Norbert : Tu peux te moquer mais toi aussi t’es en train de glisser de l’autre côté. Regarde-toi. Tu t’habilles comme un ados, tu fais dix ans de moins que ton âge. Au bout du compte t’as la trouille et si t’as la trouille… adieu jeunesse !

 

- Max : Evidemment que ça m’amuse pas de vieillir mais bon on vient de dépasser la quarantaine c’est quand même pas comme si on en avait quatre-vingt !

 

- Norbert : C’est pareil !

 

- Max : Arrête tes conneries, c’est le blues du quadra. Prends-toi en main mon gaillard, aujourd’hui la jeunesse c’est dans la tête !

 

- Norbert : Mon cul !

 

- Max : Tu peux développer ?

 

- Norbert : Mais tu sais très bien ce que je pense, à quarante balais on regrette ce qu’on a pas fait à vingt et on a plus le courage de faire ce qu’on regrette !

 

- Max : Parle pour toi !

 

- Norbert : Ah oui et t’as pas de regret toi, t’as tout réglé, tout rangé ? Félicitations !

 

- Max : J’dis pas ça, reste que j’ai encore des rêves. Peut-être que jamais je ne les réaliserai, mais j’en ai !

 

- Norbert : Comme…

 

- Max : La photographie par exemple, je ne désespère pas un jour de publier…

 

- Norbert : C’est vrai t’as du talent mais jamais tu ne publieras…

 

- Max : Pourquoi ?

 

- Norbert : Mais parce que t’as 42 ans ! T’as laissé passer ta chance. Si encore tu faisais de la politique… d’ailleurs là tu serais trop jeune.

 

- Max : C’est malin.

 

- Norbert : Allez, sois honnête, tous les deux on a réussi notre vie. On est rangé, casé. Y’a que dans les films qu’on change de vie à nos âges… j’adore les chèvres mais j’irai pas fabriquer du fromton dans la montagne… Tu veux changer ? Commence par arrêter de fumer, tu vas voir ça va te changer la vie…

 

- Max : C’est pour ça que t’es agressif, la clope te manque ?

 

- Norbert : Elle me manquerait moins si tu ne me balançais pas ta fumée dans les narines !

 

- Max : C’est donc cela !

 

- Norbert : C’est ridicule, j’ai dit stop, y’a six ans et 7 mois…

 

- Max : Et dix sept jours, 10 heures, 37 minutes, 28 secondes ?

 

- Norbert : Mais dans 30 ans elle me manquera encore et tu sais pourquoi ?

 

- Max : Non.

 

- Norbert : … il y a six ans, je ne me demandais pas si fumer était dangereux, je ne me demandais pas si je gênais les autres et je gueulais contre l’augmentation des tarifs !

 

- Max : Et alors ?

 

- Norbert : J’ai arrêté. Mon médecin m’a dit « vous avez 40 ans, ça fait vingt ans que vous fumez, c’est le bon moment pour cesser de fumer ». J’ai arrêté.

 

- Max : Pas moi !

 

- Norbert : Oui mais toi t’es con !

 

- Max : Bien aimable… De toute façon, je vois pas le rapport…

 

- Norbert : Mais putain, tout est là, cette clope, c’est ma jeunesse. Quand je vois un petit con en train de fumer dans la rue, je ne pense pas « tu te prépares un cancer, ou tu pues de la gueule » non je me dis « profite en mon gars, ça passe tellement vite. La fume pas trop vite ta clope, pas trop vite… »

 

- Max : D’un autre côté aujourd’hui t’es capable de courir un marathon… J’suis pas sûr que le jeune en question…

 

- Norbert : Pourquoi, tu crois qu’à son âge, je m’amusais à faire du footing. Je ne courais pas après la montre, après les filles oui ! A 20 ans t’as autre chose à foutre qu’à courir avec des vieux cons qui te parlent de leur problème de prostate et des taux d’intérêt ! Et en plus j’arrive même pas à suivre des mecs de soixante ans, c’est pour te dire comme je suis vieux !

 

- Max : Je devrais peut-être arrêter la clope.

 

- Norbert : Tu devrais. On reprend la partie. J’ai l’impression qu’il va pleuvoir.

 

              

              

 

 

TIME acte1/scène2

 

Scène 2 (Max et Chloé)

 

Une femme 35 ans environ rejoint Max sur le terrain de tennis. Il est allongé par terre en sueur et fume une blonde.

 

               - Chloé : Pas l’air d’aller ton copain…

 

- Max : Il a le blues du quadra, l’angoisse des premiers bilans. Des envies de fumer.

 

       - Chloé : En parlant de ça, tu ferais bien d’arrêter Max. Faire deux heures de tennis et fumer deux clopes coup sur coup,

            j’trouve  ça débile. 

       

- Max : Tu ne vas pas t’y mettre non plus…

 

Chloé : Et pourquoi pas ? Et si tu grandissais un peu, t’as plus quinze ans. J’ai pas envie d’être veuve dans cinq ans !

 

- Max : Cinq ans, c’est tout ce que tu me laisses ?

 

Chloé : Au mieux…

 

- Max : Dis donc, tu fumes pas toi ?

 

Chloé : Je ne fume pas, je « fumote » ; deux trois cigarettes par mois… on est loin du paquet quotidien… sans compter ce que ça coûte…

 

- Max : Nous y voilà !

 

Chloé : Quoi « nous y voilà », oui « nous y voilà », nous y voilà ! Un paquet de clope à cinq euros par jour, soit 365 * 5…

 

- Max : Ca va !

 

Chloé : Soit 365 * 5 égal… (calcul assez long) 1815 euros !

 

- Max : 1825.

 

Chloé : Bon d’accord 1825. Plus d’une brique !!!

 

- Max : Alors si tu commences à parler en anciens francs maintenant…

 

Chloé : Ok. Un voyage en Guadeloupe.

 

- Max : Hein ?

 

Chloé : Un voyage en Guadeloupe. Tu me coûtes (pédagogique, articulant) un voyage en Guadeloupe !

 

- Max : Je vais te dire. Si je dois arrêter…

 

Chloé : Si ?

 

- Max : Si je dois arrêter, disais-je, ça viendra de moi.

 

Chloé : C’est bien mon grand. Ca viendra quand ?

 

- Max : Ca viendra, quand ça viendra.

 

Chloé : Espérons que tes poumons seront patients ! Bref, j’ai invité Sam et Jade samedi soir.

 

- Max : Encore deux fumeurs invétérés (sourire)

Chloé : Invétérés mais modérés.

 

- Max : Et c’est reparti !

TIME acte1/scène3

Scène 3   (Max et Norbert)

Même terrain de tennis. Les deux hommes assis par terre fument une blonde.

 

- Norbert : Je ne supporte pas ce mec. Il a toujours l’air d’avoir gagné quelque chose, c’est repoussant, c’est répugnant. Tu lui proposes une clope ou une partouze, y va te répondre avec ce même enthousiasme… c’est fatigant des gens comme ça.

 

- Max : J’ai bien fait de t’avoir invité à cette soirée. Pourtant j’avais l’impression …

 

- Norbert : Mais j’ai passé une excellente soirée, la question n’est pas là Max. Je trouve étrange simplement que tu te sois « abiboché » avec cet ahuri, cet homme définitivement gai. Je n’aime pas les hommes tristes, ils me ressemblent mais les hommes gais, c’est pire que tout, je trouve cela indécent. (Il tire nerveusement sur sa cigarette)

 

- Max : Je ne me suis pas « abiboché » avec Sam. Nous nous sommes trouvés.

 

- Norbert : Ou ça, au palais du rire ?

 

- Max : Nous nous sommes croisés par hasard en vacances et ils nous ont invité sans cérémonie à Lyon dans leur appart…
(Long silence…)

 

- Norbert : Jade par contre…

 

- Max : Oui ?

 

- Norbert : Elle est tout à fait, comment dire, tout à fait… lointaine.

 

- Max : Lointaine ? (sourire)

 

- Norbert : Oui, elle est là sans être là. Elle semble tellement fragile. On a envie de…

 

- Max : Mon bon gros Norbert serait-il en train de tomber amoureux ?

 

- Norbert : Le bon gros Norbert t’emmerde ! et te rappelle qui plus est, que cette charmante dame partage la vie et le lit de monsieur gai !

 

- Max : En d’autres circonstances, tu n’as pas eu ces, comment dirais-je, pudeurs…

 

- Norbert : Ces pudeurs ! Nonobstant le fait que c’est ton ami, tes amis, il est hors de question de toute manière que j’envisage une liaison sérieuse avec qui que ce soit, en tout cas pas avant qu’on me colle dans une maison de retraite… (longue bouffée)

 

- Max : Tu es un grand garçon Norbert. Sam est un chic type et Jade une femme fidèle et aimante.

 

- Norbert : Il n’y a pas de femme fidèle, je le saurais.

 

- Max : J'ai l'impression qu'il va pleuvoir.

 

 

TIME acte1/scène4

Scène 4  (Max et Sam)

Les deux hommes debout de chaque côté du filet. Sam parle en premier.

 

 

 

- Sam : Norbert n’a pas pu venir ? C’est dommage, on aurait tourné.

 

 

Max : Euh… il a quelques problèmes dans son boulot…

 

 

- Sam : En tout cas merci pour la soirée, c’était vraiment super. Il est sympa Norbert, on a parlé justement de son travail. C’est incroyable il est responsable du secteur qualité chez R.

 

 

- Max : Ce qui est incroyable, c’est que tu envisages de jouer au tennis avec « de fausses  Converse »…

 

 

- Sam : Ca va pas le faire ?

 

 

- Max : Si, si ça va le faire tu vas te niquer les pieds.

 

 

- Sam : A quoi tu vois que c’est des fausses ?

 

 

- Max : Disons, au côté paillettes…

 

 

- Sam : Ecoute je les ai trouvées chez un vieil arabe : 20 euros. Tu sais rue Paul Bert. Hallucinant le magasin, Jade s’est rhabillée des pieds à la tête. De toute manière je m’en fous, j’en ai encore deux autres paires ! Je suis ton homme !

 

 

- Max : … et la raquette Björn Borg, tu l’as achetée aussi chez ton vieil arabe…

 

 

- Sam : Non, je crois qu’elle appartenait à mon frère… Pourquoi elle est plus homologuée ?

 

 

- Max : Homologuée, j’en sais rien ; en tout cas elle est « collector ». On joue ?

 

 

- Sam : J’ai l’impression qu’il va pleuvoir.

 

 

 

TIME acte1/scène5

Scène 5 (Max et Chloé)

Max est en train de ranger sa raquette dans son sac et s’apprête à sortir une cigarette lorsque Chloé arrive.

 

 

Chloé : Qu’est-ce que tu lui as fait à Sam ? Je viens de le croiser… il était tout blanc et y marchait comme une chinoise…

 

- Max : C’est normal, il avait des pompes chinoises… Note bien, il avait aussi une raquette suédoise. Y va lui falloir un certain temps pour récupérer ses poignets !

 

- Chloé : Tiens, Jade m’a appelée, elle aimerait bien échanger quelques balles avec moi.

 

- Max : Excellente idée surtout si elle a le même équipementier que Sam…

 

Chloé : Quoi ?

 

- Max : Non rien. On lui prêtera une raquette.

 

Chloé : T’as pas une cigarette ?

 

- Max : Tiens. Ca va pas ?

 

Chloé : Si ça va, j’ai envie de fumer c’est tout. La cigarette plaisir.

 

- Max : La cigarette plaisir. Bon Chloé, c’est quoi le problème ?

 

Chloé : (silence) Le problème… c’est toi.

 

- Max : Pardon ?

 

Chloé : Disons que tu as un problème.

 

- Max : Moi j’ai un problème ?

 

Chloé : Euh, oui tu as un problème.

 

- Max : Je ne comprends rien.

 

Chloé : J’ai basculé.

 

- Max : Où ça ?

 

Chloé : L’avenir le dira…

 

- Max : Ecoute Chloé, je sais pas ce que t’as fumé ou bu mais cette petite conversation commence à me gonfler sérieusement !

 

Chloé : J’ai basculé. Hier je n’envisageais pas la vie sans toi et ce matin tu en es sorti. Terminé. Ce fut une évidence. Je ne t’aime plus. Je ne t’aime plus.

 

- Max : Tu es sérieuse ?

 

Chloé : Tout à fait sérieuse.

 

- Max : Alors tu as raison.

 

Chloé : Quoi ?

 

- Max : J’ai un problème.

TIME acte1/scène6 (fin du 1er acte)

Scène 6 (Max et Norbert)

Max est perché sur la chaise du juge arbitre, Norbert est debout au pied de la chaise. Norbert parle en premier.

 

 

 

- Norbert : Alors là, je suis sur le cul. Elle t’a donné des raisons, y a un mec ?

 

- Max : J’en sais rien, j’crois pas, j’en sais rien.

 

- Norbert : Tu vas faire quoi ? Si tu veux t’installer chez moi quelque temps, aucun problème. Je suis un excellent cuisinier et pour la bagatelle…

 

- Max : Norbert arrête. Merci en tout cas. Je vais prendre notre petit appart du centre ville. Je lui laisse la maison pour l’instant. C’est mieux pour les filles.

 

- Norbert : Tu vois sans me vanter je connais assez bien les femmes mais c’est toujours super dur de repérer les premiers signes…

 

- Max : Premiers signes ?

 

- Norbert : Et ben, les premiers signes qui indiquent que tu vas pas tarder à te faire larguer. Elle a quand même dû t’envoyer des messages, vous avez du vous engueuler…

 

- Max : Non

 

- Norbert : Problème d’argent ?

 

- Max : Non

 

- Norbert : Et au niveau de, enfin du…

 

- Max : Mais non !

 

- Norbert : Alors merde, c’est quoi bordel. On peut pas aimer et puis plus aimer, ou alors c’est… n’importe quoi !!! T’as essayé de lui parler ?

 

- Max : Tu sais quand elles prennent ce genre de décision, c’est toujours définitif…

 

- Norbert : Personnellement je me suis toujours arrangé pour les lourder avant… pas toujours facile d’ailleurs !

 

(Silence. Max semble s’adresser au ciel)

 

- Max : Je suis en haut de l’échelle, pourtant j’ai l’impression qu’il va pleuvoir.

TIME Acte 2

 

ACTE 2 : SIMPLE FEMME

TIME acte2/scène1

Scène 1 (Chloé et Jade)

Les deux femmes sont assises au pied de la chaise du juge arbitre. Elles enfilent leurs chaussures. Chloé parle en premier.

 

 

- Chloé : Tu vas jouer avec ça…

 

- Jade : Pourquoi, c’est pas bon si la raquette est en bois ?

 

- Chloé : Non je ne parlais pas de la raquette, encore que… non je parle de tes chaussures. J’ai l’impression qu’elles perdent leurs paillettes…

 

- Jade : J’avais pas de basket. C’est Sam qui les a achetées. J’aurais du me méfier ! Tant pis on fera avec. C’est vrai qu’on me suit à la trace. Toi par contre, tes baskets sont très…

 

- Chloé : Aérodynamiques !

 

- Jade : Voilà aérodynamiques. Ca va…

 

- Chloé : Ca va… un peu. Il me manque un peu. Lui et ce qui allait avec.

 

- Jade : Ce qui allait avec ?

 

- Chloé : Oui. (pédagogique) Par exemple, je suis obligé de remplir d’eau l’expresso, d’ouvrir les volets…

 

- Jade : De sortir les poubelles… merci pour lui !

 

- Chloé : Non les poubelles, c’est moi qui les sortais et c’est lui qui les remontait.

 

- Jade : Tu peux acheter un homme à tout faire ou un robot…

 

- Chloé : Arrête Jade. Je ne suis pas une femme intéressée mais c’est vrai qu’un homme c’est un package, on prend tout et on rend tout. Depuis qu’il est parti je n’ai plus le sentiment d’être dans ma maison, je suis un peu une étrangère chez moi. Ca me fait un peu chier !

 

- Jade : Mais c’est toi qui l’a largué …

 

- Chloé : Je ne regrette pas, au contraire. Je suis dans une phase d’adaptation, voilà tout. Je réinvente mon chez moi !

 

- Jade : Et Max ?

 

- Chloé : Y réinvente aussi… je suppose…

 

- Jade : Tu ne l’as pas revu depuis votre rupture ?

 

- Chloé : Il est passé chercher les filles samedi dernier. C’est bizarre mais c’est lui qu’avait l’air gêné.

 

- Jade : Il se demande peut-être ce qu’il a fait pour devenir inventeur…

 

- Chloé : Il a tort. Je serais incapable de formuler un argumentaire précis et illustré d’exemples…

 

- Jade : Tu veux dire que tu n’as rien à lui reprocher ?

 

- Chloé : Si tu veux que je te parle de slips qui traînent aux pieds du lit et de trace de merde sur la cuvette des wc, ne compte pas sur moi…

 

- Jade : Idiote ! Moi j’aime Sam et je sais globalement pourquoi.

 

- Chloé : Pareil. Je sais globalement pourquoi je ne l’aime plus. Reste cette petite part d’incertitude sur laquelle on ne peut pas mettre de mot…

 

- Jade : En parlant d’incertitude, j’ai l’impression qu’il va pleuvoir.

TIME acte2/scène2

 

Scène 2 (Lidia et Max)

 

Chloé se rhabille. Max arrive, cigarette à la bouche. Max parle en premier.




- Max : Salut Chloé.

 



- Chloé : Salut. Norbert n’est pas là ?




- Max : Il va arriver, tu le connais.




- Chloé : T’as les doubles ?




- Max : Les voici… mais n’oublie pas que c’est encore aussi ma maison.




- Chloé : Je ne l’oublie pas et je te remercie. Ca ne peut-être que temporaire de toute façon…




- Max : Et qui va arroser les plantes vertes durant tes absences ?




- Chloé : On a jamais eu de plante verte, ni de fleur, ni rien de végétal d’ailleurs !




- Max : Une petite rose de temps en temps tout de même…




- Chloé : De temps en temps et moi qui me végétalisais… Tu prends les filles ce week-end ?




- Max : Oui. Dom jouait avec vous ?




- Chloé : Non pourquoi ?




- Max : A cause du terrain, on dirait la piste aux étoiles…

TIME acte2/scène3

 

Scène 3

(Max, Norbert)

Chloé s’éloigne, croise Norbert qui arrive un peu gêné. Il l’embrasse et rejoint Max qui enfile ses chaussures.

 

 

- Norbert : Salut Max, en forme ? Je sens que je vais t’exploser…

 

- Max : Tu me demandes si je suis en forme… en fait… Sam pourrait me battre, même avec sa raquette et ses pompes…

 

- Norbert : Quelle raquette ? Quelles pompes ?

 

- Max : Laisse tomber…

 

- Norbert : Justement… à propos de Sam…

 

- Max : Oui ?

 

- Norbert : … y m’a passé un coup de fil hier, enfin y veulent m’inviter à manger samedi soir ; Chloé sera là aussi…

 

- Max : Donc ?

 

- Norbert : Ecoute si ça te fait vraiment chier, j’annule tout, pas de problème !

 

- Max : Mais non, je ne voudrais surtout pas te priver de Monsieur Bonhomme, enfin de Monsieur Heureux et sa conversation…

 

- Norbert : Max, je veux pas choisir entre toi et Chloé. Vous êtes mes amis tous les deux…

 

- Max : Je ne te demande pas de choisir Norbert ; mais le silence de Sam et Jade ne m’étonne plus maintenant. Je suppose que c’est l’occasion de compter ses amis.

 

- Norbert : Alors tu peux compter sur moi !

 

- Max : Dis-moi tu y vas seul à cette soirée ?

 

- Norbert : Ben non…

 

- Max : Précise…

 

- Norbert : Une bombasse… Imagine Sophie Marceau qui aurait fusionné avec … Rita HAYWORTH...

 

- Max : C’est pas une première main…

 

- Norbert : Ducon, une… Rita HAYWORTH jeune évidemment. Une rousse incendiaire…

 

- Max : Et pour la conversation ?

 

- Norbert : C’est là où le bât blesse…

 

- Max : Elle est nunuche ?

 

- Norbert : Ben non… elle a un master en philo…


 

TIME acte2/scène4

 

Scène 4

(Chloé et Jade)

Les deux femmes assises sur un banc à côté de la chaise d’arbitrage.

 

  •  

    Chloé : Ma chère ! Une nouvelle paire de baskets…

     

    Jade : Plus chères mais fabriquées aussi par des chinois … par contre j’ai la même raquette.

     

    Chloé : Tant pis pour tes poignets !

     

    Jade : Dis-moi, tu as passé une bonne soirée samedi ?

     

    Chloé : Excellente ! Ton lapin à la moutarde était un pur chef-d’œuvre…

     

    Jade : Menteuse !

     

    Chloé : Ah pas du tout, ça fait cinq ans que tu me sers ton lapin à la moutarde mais celui-ci franchement était exceptionnel. Maintenant tu peux changer tu feras pas mieux !

     

    Jade : Salope ! Et à part le lapin ?

     

    Chloé : … j’ai eu un peu de mal à supporter Miss Univers. Du Heidegger au plat de résistance et du Engels pour le dessert, c’est un peu difficile à digérer. Et puis… c’est injuste…

     

    Jade : Injuste ?

     

    Chloé : Mais oui elle a tout cette fille ! C’est une bombe, elle est spirituelle, intelligente, cultivée et en plus – ça c’est dégueulasse – elle est sympa…

     

    Jade : C’est vrai quelle salope !

     

    Chloé : Je me demande comment Norbert peut faire pour se dégotter des nanas pareilles. Tu te rappelles, la dernière fois il était venu avec une noire sculpturale, « miss Guadeloupe ». A côté d’elle tu devenais immédiatement invisible. Au mieux on te prenait pour sa troisième dauphine au pire pour son caniche… et celle-la c’est pareille !

     

    Jade : Quelle salope !

     

    Chloé : Cela dit Norbert, il a du charme…

     

    Jade : A condition d’aimer le charme néandertalien, les poils sur les phalanges et dans le dos… beurk. Quand j’imagine cette sal…, je veux dire… quand j’imagine Julie entre les mains velues de ce mec… (grimace)

     

    Chloé : Quelle salope (langoureuse)

    Jade : Toi, je vais te jeter un seau d’eau froide sur la tête !

     

    Chloé : Pas la peine j’ai l’impression qu’il va pleuvoir.

     

     

TIME acte2/scène5

Scène 5 (Jade et Sam)

Jade et Sam debout aux pieds de la chaise de l’arbitre. 

 

- Sam : Ca fait un bail qu’on n’a pas joué ensemble !

 

- Jade : Tu pourrais quand même t’acheter des chaussures correctes… les Converses à paillettes, c’était déjà pas top mais alors là, c’est le pompon !

 

- Sam : Quoi !

 

- Jade : Quoi ? Elles sont roses avec des petits Mickey dessinés dessus.Et je ne te parle pas de la gueule des petits Mickey ! Elles sentent l’atelier clandestin et l’exploitation capitaliste à plein nez !

 

- Sam : Revoilà nos amis chinois…

 

- Jade : Et les chaussettes vertes assorties à l’ensemble. Quel tableau, chapeau bas !

 

- Sam : Tu es venu pour un défilé de mode ou pour une partie de tennis ?

 

- Jade : J’aimerais pour une fois ne pas avoir l’impression que mon mec sort d’une boutique, genre… « tout à dix francs »

 

- Sam : Tiens, c’est amusant, le mot franc était quasiment sorti de mon vocabulaire…

 

- Jade : Sam t’es lourd !

 

- Sam : En parlant d’être lourd, j’ai trouvé Norbert particulièrement fatigant samedi dernier…

 

- Jade : Fatigant ?

 

- Sam : Eh oui, toujours à la remorque de Julie ; à force d’essayer de raccrocher les wagons, il tombe toujours à plat, c’est grotesque. Je me demande comment cet australopithèque peut se taper une nana pareille ?

 

- Jade : Je sais pas, laisse-moi réfléchir, il a de l’argent, il a une grosse bite ? (sourire)

 

- Sam : Très délicat merci…

 

- Jade : Un peu d’humour… c’est vrai que pour Norbert « le style Chippendale » c’est se promener en string dans une boite de nuit mais je sens quand même une pointe de jalousie… chez toi

 

- Sam : Ne sois pas ridicule… Je préfère les femmes avec la tête sur les épaules. Julie elle a un côté évanescent… bon faut reconnaître, elle dispose d’un capital sympathie assez impressionnant !

 

- Jade : Mon capital sympathie ne saurait concurrencer ses gros seins…

 

- Sam : J’adore tes petits seins… je n’aime que toi.

 

- Jade : Qui prend la raquette en bois ?

 

- Sam : Donne-la moi, j’ai des poignets en béton ! Dépêche-toi, j’ai l’impression qu’il va pleuvoir.

 

 

TIME acte2/scène6

Scène 6 (Chloé, Julie)

Chloé sur le terrain de tennis, seule, un peu tendue voit débarquer Julie.

 

 

 

Chloé : Tiens quelle surprise ! Bonjour Julie.

 

- Julie : J’espère que tu ne vas pas être trop déçue. Jade vient de m’appeler, elle a eu un empêchement de dernière minute et m’a proposée de la remplacer…

 

Chloé : Quelle bonne idée (sourire crispé). (A part) Quelle salope…

 

- Julie : Tu sais je ne suis pas très sportive…

 

Chloé : Ah non ?

 

- Julie : J’ai toujours eu beaucoup d’admiration pour les femmes comme toi…

 

Chloé : Comme moi ?

 

- Julie : Oui… sportives, émancipées…

 

Chloé : Emancipée ? Je viens juste de quitter mon mari et je suis resté chez papa jusqu’au « catherinette »… Si quelqu’un est émancipé ici, c’est bien toi !

 

- Julie : « Je n’ai pas encore vu un homme qui aimât la vertu autant qu’on aime une belle apparence »…

 

Chloé : Casanova ?

 

- Julie : Confucius. Je dépends toujours d’un mec. Aujourd’hui c’est Norbert, demain un autre, peu importe. De toute manière, je n’arrive pas à m’attacher…

 

Chloé : … Donc Norbert c’est pas sérieux ?

 

- Julie : Il est gentil mais un peu pesant… y mérite mieux que moi…

 

Chloé : Pourquoi tu sors avec lui alors ?

 

- Julie : Pour son fric…

 

Chloé : Ca a le mérite d’être franc…

 

- Julie : Tu dois me prendre pour une vraie salope ?

 

Chloé : Alors là, pas du tout… franchement…

 

- Julie : A toi de servir !

 

Premier échange, Julie assène un coup droit monstrueux que Chloé ne peut renvoyer…

 

 Le coup de chance du débutant !

 

Chloé : Ben voyons…

TIME Acte 3

 

 

Acte 3 :  Point, jeu, set et match

TIME acte3/scène1

Scène 1 (Julie)

 

Julie seule au milieu du court, portable à l’oreille…l’air excédé.

 

N’insiste pas… je ne te juge pas mais… Bien sûr que non. C’est pas mon truc, c’est tout ! Mais si, mais si… tu es très jolie… une très jolie femme. Ce n’est pas la question…

 

Quoi, je suis une allumeuse… Ecoute si d’une manière ou d’une autre, j’ai pu te faire croire… tu as pensé… franchement, je suis désolée. Oui, une mauvaise interprétation… voilà. Ne sois pas agressive, c’est ridicule. Pense à ton couple… Un coup de foudre, ok. Pas réciproque, c’est comme ça ! Tu sais, les goûts et les couleurs. Ecoute, j’aperçois Chloé… je fais un tennis.

 

Quoi ? Mais non, Chloé n’est absolument pas mon type de femme… mais non bordel je n’ai pas de type de femme ! Tu fais chier maintenant, tu dois plus m’appeler… Je suis désolée, désolée, salut.

TIME acte3/scène2

Scène 2  (Julie,Chloé)

Chloé  arrive essoufflée…

 

 

 

-         Chloé : Salut ma belle, tu as l’air bizarre…

 

 

-         Julie : Non, non, c’est rien, un petit problème que je viens de régler. Dis-moi, t’es pas lesbienne ?

 

 

-         Chloé : Pourquoi tu me demandes ça ?

 

 

-         Julie : Excuse-moi, je suis un peu tendue en ce moment…

 

 

-         Chloé : Tu sais Miss Canon tout le monde n’est pas irrésistiblement attiré par ton corps de déesse… cela dit puisque tu me le proposes si gentiment… je veux bien tenter l’expérience !

 

 

-         Julie : N’y pense même pas… Et Norbert ?

 

 

-         Chloé : J’ai fait ce que tu m’as dit…

 

 

-         Julie : Et alors ?

 

 

-         Chloé : Tennis, ici même, demain matin.

 

 

-         Julie : Bien joué !

 

 

-         Chloé : Merci mais j’ai toujours deux problèmes…

 

 

-         Julie : Hum ?

 

 

-         Chloé : Comment lui faire oublier qu’il y a à peine quinze jours, il partageait sa couche avec Miss Aphrodite et comment l’obliger à venir partager la mienne ?

 

 

-         Julie : D’autant plus que tu es l’ex de son meilleur ami…

 

 

-         Chloé : Voilà.

 

 

-         Julie : … Et que Norbert est fidèle en amitié…

 

 

-         Chloé : C’est pas gagné ?

 

 

-         Julie : C’est pas gagné.

 

 

-         Chloé : Ton portable vibre Julie…

 

 

Julie regarde le numéro affiché sur le portable.

 

 

-         Julie : Et merde ! Je vais répondre dans la voiture, j’ai l’impression qu’il va pleuvoir.

 

 

 

 

 

 

TIME acte3/scène3

 

Scène 3 (Chloé,Norbert)

Chloé debout devant l’entrée du terrain. Norbert arrive, cigarette à la bouche.


Chloé : Salut Norbert, tu refumes, à ton âge…

 

- Norbert : Je vois que tu es observatrice. Ton mec arrête et je reprends…

 

Chloé : Ex…

 

- Norbert : Pardon ?

 

Chloé : Mon ex-mec…

 

- Norbert : Ah oui… excuse-moi. Il a arrêté depuis dix jours, il est un peu sur les nerfs ! Tu ne le savais pas ?

 

Chloé : Non.

 

- Norbert : Et moi je reprends. Au meilleur moment… elles sont très chères et très nocives. Mon côté rebelle sans doute !

 

Chloé : Hum, hum…

 

- Norbert : Tu sais ce qu’on dit,  il y a trois catégories de fumeurs : les pauvres, les abrutis, les suicidaires… cochez deux bonnes réponses…

 

Chloé : T’es suicidaire toi ?

 

- Norbert : Je te signale que Miss Monde vient de me quitter ; elle m’a laissé quelques bouquins de la Pléiade et l’immense regret de son corps…

 

Chloé : Evidemment.

 

- Norbert : Et toi ça va ? Tu voulais me dire quelque chose en particulier… je suis ton homme… un homme libre au cœur inconsolable ! (Mouvement de bras).

Chloé : C’était pas important, je voulais savoir si Max allait bien, visiblement c’est le cas…

 

- Norbert : Ok ! On s’la fait cette partie de tennis parce que j’ai l’impression qu’il va pleuvoir ! Evitons « un coïtus interromptus. »

(Petit coup de raquette sur les fesses de Chloé)…

TIME acte3/scène4

Scène 4 (Chloé) 

Debout, devant son sac. Son portable sonne.

 

 

Salut Julie… Terrible… Oui enfin non. J’ai commencé par lui faire la morale pour la clope, après on a parlé de toi et de ton corps superbe et

pour finir j’ai appris que Max était en pleine forme et qu’il essayait d’arrêter de fumer… Oui, ce mec est un goujat, c’est même une sacrée

pointure ! J’ai failli lui mettre ma raquette dans la gueule. Oui, j’aurais dû… En tout cas, je ne sais pas ce que tu lui as fait mais il est

complètement envoûté. Je me suis déjà pris des râteaux avec les mecs mais alors celui-là, il est exceptionnel ! Faudrait jamais passer derrière

toi, c’est du suicide ! Ce gros con m’a piétinée, humiliée… tu m’auras prévenue. Tu sais j’ai l’impression que je vais pleurer.

TIME acte3/scène5

 

Scène 5 (Jade et Sam)

 

tous les deux assis sur le banc.

 

- Sam : Tu es bien silencieuse Jade, y ‘a un problème ?

 

- Jade : Non, non… je suis un peu fatiguée, c’est tout.

 

- Sam : Tu veux qu’on annule la partie ? (Sam sort ses chaussures)

 

- Jade : C est pas vrai, tu vas pas oser ?

 

- Sam : Quoi ?

 

- Jade : Tu vas pas oser jouer avec ça ?

 

- Sam : Les Converses Mickey ont explosé au bout de deux heures… et c’est ma troisième paire.

 

- Jade : Ecoute, j’ai supporté les « pompes paillettes », j’ai supporté les pompes « roses Mickey » mais les « clignotantes »… là franchement… trop, c’est trop ! Ou alors on attend la nuit pour jouer en nocturne !

 

- Sam : Tu vas pas me faire un fromage pour des godasses un peu originales !

 

- Jade : Un peu originales ? J’en ai marre de jouer au tennis avec un clown, tu comprends. D’ailleurs j’en ai assez de vivre avec un clown !

 

- Sam : Jaja…

 

- Jade : Quoi Jaja ? Quand nous recevons des « J-U-L-I-E » , Monsieur ne s’habille pas en sapin de Noël, Monsieur n’a pas de groles clignotantes ! Moi j’ai droit aux fausses converses et à la raquette Björn Borg !

 

- Sam : Pourquoi tu me parles de Julie… en plus la raquette, c’est moi qui l’utilise…

 

- Jade : Laisse tomber Sam, tu ne comprends rien de toute façon… je suis fatiguée.

 

- Sam : Allez viens, on va rentrer à la maison, j’ai l’impression qu’il va pleuvoir.

 

- Jade : T’as raison, des fois que tes pompes déteignent ou que tu meurs électrocuté…

 

TIME acte3/scène6 FIN

 

FIN  Scène 6  (Max et Norbert)

Les deux hommes assis au bord du terrain de tennis. L’un des deux fume.

 

- Max :Tu sais que dans une clope, on compte au moins 100 composants nocifs. Paraît qu’elles sont même radioactives ! Tu devrais faire gaffe quand même…

 

- Norbert : Tu manques pas d’air… je te rappelle que ça fait seulement quinze jours que t’as arrêté. Au début c’est toujours l’euphorie… après tu jongles !

 

- Max : Merci pour ton soutien…

 

- Norbert : Je te fais profiter de mon expérience… le pire n’est jamais sûr dans ce domaine…

 

- Max : Et ton tennis avec Chloé ?

 

- Norbert : Je l’ai trouvée étrange… Chloé pas le tennis…  J’ai l’impression qu’elle voulait me dire quelque chose, un truc…

 

- Max : Quel gros lourd !

 

- Norbert : Quoi ?

 

- Max : Elle voulait coucher avec toi !

 

- Norbert : Hein ?

 

- Max : Elle voulait coucher avec toi. Elle était fidèle mais je sais qu’elle était attirée par les gros cons comme toi…

 

- Norbert : Comme moi ?

 

- Max : Oui, tu sais , genre… prognathique… Cro-Magnon…

 

- Norbert : Tu sais moi, les grandes cheminées blondes…

 

- Max : Je te signale que tu parles de ma femme…

 

- Norbert : Ex !

 

- Max : C’est vrai.

 

- Norbert : Et si on avait…

 

- Max : Je t’aurais mis ma raquette dans la gueule… Les parties de balles, c’est uniquement avec moi ou avec tes ex…

 

- Norbert : Très classe… enfin ça me laisse un spectre relativement large…

Je te sens un peu sur les nerfs, non ?

 

- Max : Je ne suis pas sur les nerfs. Je suis un homme libre, esclave !

 

- Norbert : Oui… libre, c’est le mot. Tiens, il pleut…

 

(Silence. Norbert exhale une longue bouffée)

 

- Max : Hé… Norbert !

 

- Norbert : Quoi ?

 

- Max : Merci… merci pour Chloé, quelque part, ça m’aurait fait chier.

 

 

Le 3 décembre 2008

Michel